Les matériaux

 
La laine de mouton
La laine luisante, fine et souple du mouton oriental a toujours été et restera toujours le matériau fondamental utilisé dans le tissage des tapis d'orient. Elle est fournie par de nombreux troupeaux qui paissent dans d'immenses régions en général arides.
En Anatolie prospère une race ovine, qui, dans l’Antiquité déjà, jouissait d'un crédit mérité pour la finesse de ses laines. A l'époque de la civilisation grecque classique, Milet était le siège principal de l'industrie de la laine brute et filée, qui était exportée en grande quantité versl'Egypte et la Grèce. De nos jours, les nombreux troupeaux transhumants qui paissent dans la vallée supérieure du Tigre en suivant les pistes traditionnelles, donnent une laine souple, à longues fibres et très blanche.
En Perse et au Turkestan vit un curieux type de moutons à la queue adipeuse. Lorsque les pâtures sont copieuses, la graisse de l'animal se concentre dans la croupe et dans la queue: une espèce de touffe de laine se développe alors, qui peut peser jusqu'à vingt kilos. La graisse accumulée constitue une précieuse réserve d'énergie.
 
Composition tapisLe poil de chèvre
Le poil de chèvre est aussi fréquemment employé, notamment pour la chaîne des Béloudjistan, des Afghan et des Boukhara. La laine du nord de la Perse est assez rude et épaisse, celle du Khorassan et de Kirman fine et moelleuse, celle du Caucase et de l'Asie Centrale luisante et très résistante.
 
Laine de chamenau
On a quelquefois fait usage, pour certains tapis très fins, de laine d'agneau, qui donne une surface souple. Quant à la laine de chameau, elle est utilisée - seule ou mêlée à celle du mouton- par les nomades du Turkestan, qui s'en servent pour le velours ou pour la chaîne et la trame.
 
La soie
Jadis, en Perse, la soie était employée exceptionnellement pour les tapis destinés à la cour ou à de richissimes amateurs. Par souci de perfection, la chaîne et la trame étaient toutes deux exécutées en soie, ce qui conférait au tapis persan une somptuosité pouvant aller jusqu'à l'ostentation, lorsque la trame était brochée de fils d'or et d'argent non recouverts par le nouage. Un troisième genre combinait la soie (pour la chaîne) avec la laine (pour le velours), afin d'obtenir un nouage plus serré.
Dans le Caucase, on n'a jamais fait usage de la soie, mais au Turkestan, on l'utilise pour mettre en valeur certains dessins des Boukhara, dont le reste du tissu est en laine. La Perse et L’Asie Mineure produisent aujourd'hui des exemplaires entièrement en soie; ceux de Turquie sont exécutés avec une soie de qualité généralement médiocre.
Le matériau choisi pour la chaîne et la trame varie selon les régions; en Turquie, dans la production industrialisée surtout, la chaîne et la trame sont en coton, tandis que dans certains tapis de prière, elles sont en laine. En Perse, à l'exception des régions de Chiraz, du Turkestan, de Béloudj et du Louristan, on emploie généralement le coton, tant pour la chaîne que pour la trame. Dans le Caucase, on n'utilisait autrefois que la laine, alors que dans les tapis modernes, chaîne et trame sont en coton.
La laine du velours est en général à deux bouts, c'est-à-dire à deux fils retordus ensemble. Les chaînes et les trames ont, selon les régions, des grosseurs très variables, mais elles sont à plusieurs bouts, de deux à seize.
Dans le tissage à trame simple, les fils de chaîne se trouvent tous sur le même plan, tandis que dans le tissage à trame double, les fils de chaîne sont abaissés alternativement, ceux du haut n'étant souvent pas visibles: cette dernière méthode présente l'avantage de donner au tapis une structure plus serrée.
Chez les populations nomades, la tonte de la laine a lieu généralement vers la fin du printemps. La bête est lavée, avant d'être tondue, au bord d'un fleuve ou d'un lac ou près d'un puits. Après la tonte, la laine subit un deuxième lavage dans le fleuve ou dans de grands bassins; elle est ensuite consciencieusement foulée avec les pieds et essorée en plein air. Le filage se fait selon une méthode tout à fait primitive: le fileur ou la fileuse, après avoir placé une certaine quantité de laine sous l'aisselle, commence à tortiller le fil, qui, à mesure qu'il s'allonge, est entouré sur un bâtonnet. La laine est alors prête à passer dans la teinture.
Au début du siècle, la Perse exportait environ 10000 tonnes de laine brute par an; celle provenant du Khorassan était achetée par la Russie et la France; celle des régions du Faristan, du Louristan, de l'Azerbaïdjan et du Kurdistan était particulièrement recherchée par l'Angleterre et les Indes.

 

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